Incontinence urinaire de la femme

stock-photo-15208118-uncomfortable-young-womanLa société savante International Continence Society (ICS) a défini l'incontinence urinaire comme toute plainte exprimée par un patient relative à une fuite involontaire d'urine.

Les types d'incontinence urinaires

La classification médicale définit 3 types d'incontinence urinaire :

  • Il s'agit d'une perte d'urine survenant lors d'une augmentation de la pression abdominale (éternuement, toux, effort, marche). Ce type d'incontinence est dû à une faiblesse du sphincter externe mais surtout des muscles du périnée. Lorsque ces muscles ne sont plus capables d'assurer leur fonction de contrôle une augmentation de la pression (toux, efforts physiques) entraîne alors des fuites.

    L'incontinence urinaire d'effort est la principale forme d'incontinence urinaire de la femme.

  • On nomme aussi ce type d'incontinence : instabilité vésicale ou hyper-activité vésicale.

    C'est une perte d'urine par envie pressante non maîtrisable en rapport avec une contraction involontaire et imprévisible de la vessie. C'est incontinence se traduit par des envies d'uriner brutales trop fréquentes de jour comme de nuit.

    L'instabilité vésicale représente environ 20% des incontinences urinaires.

  • C'est l'association chez une patiente d'une incontinence à l'effort et d'une incontinence par impériosité.

    L'incontinence mixte représente 30% des incontinences urinaires.

    L'incontinence urinaire est un symptôme extrêmement fréquent puisqu'on estime en France que 30% des femmes sont concernées.

Neuromodulation des racines sacrées

Cette technique est destinée aux patients souffrant d'incontinence par impériosité en cas d'échec des traitements médicamenteux et de la rééducation.

La neuromodulation a pour but de stimuler la racine nerveuse sacrée S3 située au bas du dos de façon à réguler la fonction urinaire.
La neuromodulation des racines sacrées se fait en 2 étapes.

1. Test d'efficacité

La première étape consiste en un test qui permet de vérifier l'efficacité de la neuromodulation sur les troubles urinaires.

Le chirurgien place une électrode externe à proximité du nerf sacré et la relie à un stimulateur externe qui délivre les impulsions électriques. La stimulation est à l'origine de fourmillements ou de picotements dans la région anale qui ne doivent jamais être douloureux. Pendant la période du test (5 à 7 jours) vous ne changez rien à vos activités quotidiennes et vous remplissez un calendrier mictionnel.

A l'issue du test le médecin évalue avec vous les résultats de la stimulation externe.
Si le test est positif (c'est à dire si la continence est améliorée avec retour à l'itat initial après arrêt de la stimulation on considère que l'on peut envisager la 2ème étape, c'est à dire l'implantation du système de neuromodulation.

2. Implantation du système de neuromodulation

Cette intervention dure environ 1/2 heure et se pratique sous anesthésie locale. Le neurostimulateur est relié à l'électrode et mis en place sous la peau, en haut de fesse. Un programmateur permet de régler depuis l'extérieur le rythme et l'intensité des impulsions électriques. Vous repartez avec votre propre télécommande pour contrôler votre stimulation et l'arrêter en cas de problème. La durée de vie d'un stimulateur est de 5 à 10 ans.

Traitement chirurgical de l'incontinence urinaire d'effort

Ce traitement chirurgical est envisagé en cas d'échec la rééducation pelvi-périnéale. Le principe de ces interventions consiste à positionner sous le canal de l'urètre par l'intermédiaire d'une incision vaginale une fine bandelette en nylon tricoté qui aura pour but de soutenir la col de la vessie et de l'urètre.
Il existe 2 types de bandelettes sous urétrales : TVT et TOT.
L'intervention peut être réalisée sous tout type d'anesthésie et nécessite un à 2 jours d'hospitalisation.
Le taux de réussite de ces techniques de bandelettes est actuellement proche de 90 à 95%.

Le bilan urodynamique

Le bilan urodynamique consiste à mesurer le fonctionnement de la vessie et du sphincter urinaire. C'est l'examen, associé à l'interrogatoire et à l'examen clinique déterminant pour comprendre le mécanisme de l'incontinence. L'exploration urodynamique n'est pas systématique ; elle est plutôt réservée aux cas les plus complexes ou lorsqu'une chirurgie est envisagée.

L'examen dure de 30 à 45mm. il n'est pas nécessaire d'être à jeun. Il faut au préalable avoir éliminer une infection urinaire en réalisant un E.C.B.U. Le test débute par une débitmétrie : arrivant idéalement la vessie pleine mesurée dans un dispositif relié à un ordinateur intégré qui calcule le débit de votre miction. Dans un 2ème temps une cystomanométrie est réalisée : une sonde de petit calibre est passé dans le canal de l'urètre, la vessie est remplie progressivement par une sérum physiologique et les pressions dans la vessie sont enregistrées au fur et à mesure du remplissage.

L'acte n'est pas douloureux. Le médecin vous demande simplement de tousser, de pousser pour étudier votre vessie.

L'examen urodynamique se termine par la profilométrie urétrale, c'est à dire la mesure des pressions au niveau du sphincter externe de l'urètre : la sonde est progressivement retirée afin de mesurer les capacités de fermeture.